Inauguration /
La Fabrique Saint-Blaise / Paris 20 /
1er décembre 2012

La toile “Guernica, le tableau qui crie” a été exposé Place des Fueros, dans la ville de Gernika-Lumo en Espagne.
Sur la Place des Fueros se situent la Mairie de Gernika-Lumo, la Maison de la Culture de Gernika-Lumo sur laquelle la toile “Guernica, le tableau qui crie” est présentée et le Musée de la Paix sur laquelle la toile de la ville de Gernika-Lumo est présentée.
Le site du projet de la toile “Guernika, le tableau qui crie” : www.letableauquicrie.com
À l’occasion d’une promenade urbaine, les habitants du quartier Saint-Blaise et les passants ont été convié à venir visiter le chantier de la ville en devenir. Les promeneurs prennent tour à tour la posture d’observateur, de cartographe et de guide pour imaginer le futur du quartier Saint-Blaise.
Un jeu de piste jalonné de signes à interpréter et d’énigmes à résoudre :
Le parcours, rythmé par six étapes d’exploration et d’échange dans le secteur Cardeurs-Vitruve, associe des habitants d’ici et d’ailleurs.

RÈGLES DU JEU SUR UN PARCOURS DE 6 ZONES
DU QUARTIER SAINT-BLAISE EN RÉNOVATION

1 /// Découverte d’une zone et de son « nom de code »
2 /// Exploration de la zone à la recherche d’indices en rapport avec la future rénovation du lieu
3 /// Les promeneurs soufflent les indices aux passeurs d’images, apprêtés de leur chevalet, pour les situer et les interpréter sur un plan de la zone
4 /// Les indices rassemblés, les promeneurs imaginent des reconversions du lieu, le transformant en une sorte de phantasme hybride caractérisé par la mixité et l’originalité des propositions. En parallèle, le passeur d’images retranscrit ce paysage fou en dessins jetés, débordant de couleurs vives, à l’image des suggestions des promeneurs
5 /// Deux acteurs de la SEMAEST dévoilaient les modifications réelles de l’endoit, expliquant alors les différentes étapes du chantier et les enjeux pour le quartier Saint-Blaise





Installation et collage d’affiches présentant le programme
des Traverses de juin dans le Square des Cardeurs.

Des pochoirs au sol renvoyaient aux affiches sur les murs et dans
les commerces, elles-mêmes répercutaient sur la vitrine du local,
et provoquant l’intérêt du spectateur devenant déjà explorateur
de Saint-Blaise.


La vitrine du local du 50 rue Saint-Blaise a été investie en amont des actions APAZAPA, proposant aux passants de ralentir, prendre le temps de regarder, s’arrêter afin de lire les enjeux du projet.
Il était question de chantier ouvert au public, de visite et d’exploration(s).
L’explication et les quelques mots clés jouaient sur le sens et la curiosité de l’observateur, l’invitant ainsi à visiter le site d’APAZAPA.
Parle-t-on ici de chantier réel, de chantier graphique, ou du chantier d’idées ?

En partenariat avec le Centre Social et Culturel Soleil Saint-Blaise, atelier d’images avec un groupe d’enfants du quartier afin de réaliser les nappes qui seront utilisées lors de la prochaine fête de quartier pour décorer et protéger les tables des associations qui y seront présentes.



Conception et réalisation graphique d’une carte / plateau de jeu en parallèle avec l’identité graphique du projet APAZAPA. Cette carte, sous la forme d’un dépliant, sera distribué à tous les habitants du quartier Saint-Blaise afin de les inviter à prendre part au chantier graphique APAZAPA proposé en parallèle du chantier de rénovation qui a lieu dans leur quartier.

Recherches et mise au point de la grille autour de la règle du jeu proposé à travers le plateau de jeu représentant la carte du quartier Saint-Blaise.

Cinq participants ont pris le relai, vendredi 27 avril 2012, des deux ateliers réalisés par Passages en images au sein de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Trois adolescents et deux animateurs de l’Antenne Jeunes Solidarité ont endossé la responsabilité de développer les travaux des enfants et familles qui les ont précédés.

Les ateliers réalisés avec le collège Colette Besson ont
mené à une série d’affiches exposées sur les murs de la cour.
Dix panneaux de grands formats présentaient l’ensemble des
travaux mettant en avant la démarche, l’aspect graphique et l’interdisciplinarité des ateliers. Les élèves ont travaillé autour
de la notion In situ, à partir de l’œuvre « Les deux plateaux »
de Daniel Buren. Ils ont réalisé également un travail pictographique qui leur a permis d’aborder l’image avec simplicité au travers de différents jeux graphiques proposés en lien avec les professeurs impliqués dans le projet.
Des promenades urbaines dans le quartier Saint-Blaise ont également permis aux élèves de se familiariser avec le lieu dans lequel seront présentés des affiches et des pochoirs au sol autour de l’oxymore
« Permis d’interdire ».
Suite aux ateliers menés avec 3 classes de 3e au collège Colette Besson, les élèves se sont déplacés à l’atelier Fabrication Maison
pour découvrir le métier de graphiste dans ses grandes lignes.
Cette visite a été l’occasion pour eux de comprendre le traitement de leurs images. De voir le matériel utilisé, scanner et logiciels de traitement d’images.
Les jeux d’agrandissements et d’échelle leur ont permis de considérer, avec enthousiasme, leur travail autrement et même d’être surpris par le résultat. Ils ont pu ainsi saisir les étapes de réalisation qui ont été nécessaires pour concevoir l’exposition présentée dans la cour du collège les 3 et 5 Avril 2012.
Les ateliers menés au Collège Colette Besson sont un « chantier pédagogique », avec une équipe pédagogique volontaire dans un collège du 20e arrondissement de Paris, qui aboutira sur un « chantier graphique ouvert au public » dans le quartier Saint-Blaise, en lien avec le projet en cours « Passages en images / Apazapa ».
Des sorties ont été organisées en amont des ateliers
d’images au collège.
Une visite au Palais Royal pour voir l’œuvre in situ
Les deux plateaux de Daniel Buren afin de s’interroger sur l’espace, l’œuvre et le spectateur, ainsi que des promenades urbaines dans le quartier Saint-Blaise.
La réflexion autour du projet, lancée pendant les séances d’ateliers en arts-plastiques, se prolongent tout au long
de l’année dans les autres matières (français, espagnol, physique-chimie, mathématiques) avec les enseignants désireux de participer.
« Est-ce qu’on revient la semaine prochaine ? » avaient demandé les enfants à Zelmar Gularte, le coordinateur Jeunesse du centre social
et culturel Danube.
Au terme de l’atelier Passages en images du 14 mars 2012, organisé
par Fabrication Maison et le centre social et culturel Danube, les participants avaient manifesté leur enthousiasme. Ils étaient invités
à revenir à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration avec leur famille, le samedi 24, pour une seconde étape, organisée avec le soutien de l’amicale solidaire des voisins de la solo.
Des familles d’enfants présents le 14 ainsi que d’autres habitants du quartier ont donc à leur tour visité l’exposition J’ai deux amours et participé à un atelier d’images. Les productions des enfants ont servi de trait d’union entre les deux ateliers : les œuvres réalisées le 14 mars ont été exposées pour inaugurer la seconde journée du 24.
L’accueil des familles et habitants s’est donc fait dans l’atelier, autour des projets des enfants. Ces derniers n’ont pas seulement montré leur travail : ils ont pris une part active à la visite guidée, insistant notamment sur les œuvres qu’ils avaient titrées et reproduites. Les adultes avaient à leur tour la responsabilité
de titrer une œuvre, épaulés dans cette mission par les enfants responsabilisés, et très impliqués dans leur rôle d’accompagnateur.
Les participants ont exprimés qu’ils avaient eu l’impression d’être
des visiteurs privilégiés de l’exposition !
De retour à l’atelier, un goûter fut le contexte décontracté des échanges et commentaires. Séduits par l’exposition,
les adultes ont notamment manifesté leur admiration pour la pertinence des enfants : les titres qu’ils avaient donnés aux œuvres leur paraissait être des lectures très appropriées, des éclairages lucides, parfois étonnant, toujours intéressants.
Suite à cela, les familles ont-elles aussi joué le jeu de l’atelier d’images : des feuilles sur lesquelles étaient inscrit les mots ont circulé, il s’agissait, tout en conservé la lisibilité des lettres, d’illustrer ce que le mot désigne. Des lettres plantes pour le naturel, une écriture oblique pour le penchant : il s’agissait, avant le retour au centre social et culturel Danube, de réfléchir de manière ludique
au statut de signe des mots et des images.
Projet en partenariat avec la Cité nationale de l’histoire de l’immigration dans le cadre de la semaine de la langue française
et de la francophonie 2012
Dans le cadre de Passages en images, la Cité nationale de l’histoire
de l’immigration a invité Fabrication Maison et le centre social et culturel Danube (qui avait déjà organisé une visite de l’exposition Polonia en 2011) pour aménager des ateliers d’images. Il s’agissait
de faire résonner le projet Dis-moi dix mots, organisé par le ministère
de la culture et de la communication, avec les collections du musée. Treize enfants du quartier Danube ont participé.
Qu’est-ce que le projet Dis-moi dix mots ?
À l’occasion de la commémoration du 300e anniversaire de Jean-Jacques Rousseau, l’opération du ministère mettait à l’honneur « l’expression personnelle » en proposant d’explorer dix mots, extraits de l’œuvre
de l’auteur, pour élaborer des projets pédagogiques et créatifs.
Ces dix mots étaient : âme, autrement, caractère, chez, confier, histoire, naturel, penchant, songe, transport.
Passages en images s’est approprié le dispositif. Quelles images, quelles représentations, quels symboles ces mots suggèrent-ils ?
Ces questions ont nourri les ateliers réalisés dans l’enceinte
de la Cité.
Inspirés par le projet du ministère de la culture, les ateliers ont donc été articulés à la présentation des collections d’art contemporain de la Cité, intitulée J’ai deux amours, qui exposait une sélection d’œuvres dans un parcours distinguant cinq thèmes :
- Départ – voyages – circulation
- Entre rêve et nécessité
- Frontières : passages et contrôles
- Vivre ensemble
- Réinventer son univers
La visite de l’exposition J’ai deux amours ne précédait pas, mais inaugurait l’atelier d’images. Chaque participant était muni d’un des dix mots, attribué au hasard. Afin d’activer
le regard et l’écoute des enfants, il leur a été demandé de trouver l’œuvre qu’ils pourraient titrer avec leur mot.
Quelle histoire racontaient-ils en réunissant un mot et une image ? Chacun des enfants, qu’il sache lire et écrire ou pas, était donc pourvu d’un mot polysémique, évocateur, puis d’une mission (et non d’un « travail » scolaire) : interpréter une œuvre d’art contemporain à partir de ce mot.
Après la visite de l’exposition et après le choix de l’œuvre à nommer (à apprivoiser, donc, comme l’on sait), les enfants ont pris note de l’identité de l’œuvre, l’ont représentée dans son intégralité avant
de ne dessiner qu’un détail, au feutre noir sur une feuille blanche.
Au terme de la pause déjeuner dans le parc de Vincennes, les enfants pouvaient rejoindre la salle spacieuse et lumineuse attribuée par la cité pour poursuivre l’atelier graphique : sur une table et au sol, il s’agissait de jouer avec les lettres et les formes saisies en matinée, pour apprendre
à faire signe.
Les ateliers Passages en images se structurent généralement en trois temps forts. Ils ont, tout d’abord, une dimension de « performance ». Les enfants tirent tous les bénéfices d’une pratique qui s’apparente à celle du théâtre : les expériences concrètes d’écriture, les recherches de formes et de sens, les « représentations », sont introduites et préparées par des échanges autour des images, des prises de parole publique. À la cité, la performance a débuté dès l’arrivée sur les lieux, par la visite active de l’exposition.
Apprendre à faire image, à faire signe, à représenter est ensuite l’occasion d’un moment plus proprement pédagogique. Qu’est-ce qu’un signe ? Un logo, un pictogramme ? De l’image poétique à l’image de soi, en passant par le signe, le symbole, la caricature, etc., le terme
d’« image » recouvrent des « objets » radicalement différents.
En diversifiant les outils (papier découpé, feutre, pinceau), les positions (table et sol) et les échelles (petits et grands dessins), les enfants ont effectué des jeux d’écriture sur la base des notes et croquis réalisé lors de la visite.
Enfin, les ateliers aboutissent à l’élaboration d’un signe personnel
et maîtrisé, confronté aux réactions de l’ensemble des participants.
À partir de jeux d’écriture, les enfants ont créé des petites collections personnelles de signes, qu’ils ont présentés le samedi
24 mars 2012.
Tous en chantier
Du 1er au 8 septembre 2011, les graphistes du campus de la fonderie de l’image ont achevé leur Bachelor de design graphique en bâtissant, au sens propre, une exposition de design graphique, encadrés par leurs formateurs Jean-Marc Bretegnier et Gilles Juan.
Cet événement de la rentrée 2011 du campus a pris naissance au printemps lors d’un workshop Passages en images proposé aux étudiants. Ces derniers ont été au bout du sujet, se sont appropriés le dispositif et ont proposé PAS-SAGES EN IMAGES, une exposition de parcours graphiques qui a accordé projets aboutis, élaborations et croquis, présentation continue et temps forts.
Du 8 au 24 septembre 2011, l’exposition (qui a mobilisée, au final, vingt-cinq étudiants et cinq formateurs du CNA-CEFAG) a agrégé exposition, table ronde, conférences et ateliers.
Plus de sept cents personnes ont fait le déplacement.
Il s’agissait de valoriser les diverses étapes du parcours créatif – croquis, mise en forme, affichage, édition.
De diversifier les supports – murs, papiers, écran, table, scène, palettes.
De multiplier les formats et les modes d’affichage – placardage, étendage, feuilletage, projection.
Pas de cartel, pas de séparation explicite entre les champs du design graphique : la typographie affichée avec le carnet de croquis, l’illustration aux côtés des visualisations de données.
Les seules catégories distinguées étaient les étapes de la créativité. La signalétique (une bande adhésive jaune découpée et fixée devant chaque pôle) distinguait trois moments de la conception :
- - - - - ébaucher
///////////// maquetter
______ réaliser
1 La cabane numérique regroupait six écrans diffusant une sélection de travaux d’étudiants du Bachelor Graphic Design, réalisés dans le cadre d’un workshop en partenariat avec l’association Déchet et citoyenneté.
2 Mobilier principal du site, autour duquel se structurait l’organisation de l’espace, la palette graphique réunissait des objets aboutis (affiches, propositions typographiques, visualisations de données, photographies…).
3 Quatre réunions de chantier ont permis au spectateur d’écouter et
de participer à des conférences.
4 Le salon de croquis permettait de consulter éditions et carnets
de croquis.
5 Tables lumineuses.
6 Atelier d’images
7 Placardage
8 Un premier espace de projection a permis d’exposer les travaux vidéo des graphistes.
9 La grande projection partageait avec le public les images de la construction du chantier dans lequel ils déambulaient.
10 Étendage
11 Atelier d’enfants
Table ronde : les soucis du graphiste
Le designer graphique est un individu soucieux (de bien faire).
Il est soigneux. Il est attentif. Il est à l’écoute de la société dans laquelle ses images vont s’inscrire. Il s’efforce de comprendre le destinataire de la communication. Il respecte l’auteur qu’il illustre. Il interroge la légitimité de sa contribution à la vie de l’espace public.
Ces attentions ne sont pas des obstacles pour l’élaboration d’un
projet ; elles sont, au contraire, les conditions de l’inventivité.
La table ronde menée par les exposants n’abordait pas les soucis qui perturbent son travail – reconnaissance du métier, difficulté à en vivre, etc. Il s’agissait encore moins de donner du graphiste l’image d’un individu trop scrupuleux, prudent, voire frileux. La table ronde
a consisté, au contraire, à affirmer que la créativité est solidaire des soucis du graphiste. À montrer que le soin qu’il apporte à son ouvrage est un des moyens de l’audace graphique.
Chaque graphiste a développé une problématique précise. Plutôt que
de présenter les caractéristiques générales du métier, il s’agissait
de développer un aspect très particulier, très spécifique, des soucis
du graphiste. D’articuler des éclairages singuliers.
La table ronde a ainsi contribué à la dimension pédagogique
de l’exposition, en explicitant ce qu’on ne voit jamais (les questionnements du graphiste lors de l’élaboration de ses projets), afin de mener une réflexion sur la nature du métier.
Clara Guia : Les messages bien adressés
Le souci du destinataire : le cas de l’enfant.
Quels sont les enjeux de la compréhension d’une « cible » ? La création graphique ne peut absolument pas faire l’économie d’une compréhension subtile du destinataire. « L’artiste appliqué », plus que l’artiste, est créatif aussi, voire d’abord, parce qu’il s’appuie sur les caractéristique de la « cible ».
Quelles sont les spécificités de l’enfant ? Les contraintes que cette cible suppose ? Les problèmes qui se posent au graphiste ? L’affinité avec son sujet doit rimer avec lucidité.
Gauthier Duquesnay : Le cas des marginaux
Il ne s’agissait pas de partager son empathie, mais encore une fois
de montrer, via des exemples, que la création elle-même est solidaire
de la considération du destinataire. Il a été question des vertus pédagogiques de l’image, du rôle décisif de la forme pour parler du fond. Être clair / être inventif / être engagé : un même travail.
Matthieu Roche : La pertinence d’un style
Le graphiste affirme son identité, son style, en prenant les décisions qui lui semblent justes. Mais dans quelle mesure, et dans quelle limite, le graphiste est-il autorisé à avoir un style lorsqu’il met
son travail au service d’une institution, d’une entreprise ? Le style est-il un objectif à atteindre ? Une donnée ? Le style n’est finalement qu’un outil, à exploiter avec pertinence.
Maxime : Orienter / désorienter
Le graphisme est un symptôme : il reflète les valeurs d’une culture, d’une époque, d’une communauté. La surcharge de signalétique semble réfléchir une société surchargée de directives. L’optimisation et l’efficacité des parcours qui ont pour objectif exclusif la destination, sans considérer le trajet.
Mais les graphistes, qui maîtrisent les moyens de communication,
ne peuvent-ils pas proposer d’autres finalités à leurs outils ?
Les beaux-arts n’ont pas le monopole de la transgression.
Pierre : Le travail bien fait
Soucieux d’un destinataire, d’une commande, d’un contexte, d’un auteur, de l’ensemble d’une société, le graphiste est enfin soucieux de bien travailler.
En s’appliquant à analyser le « graphisme de luxe », il a s’agit d’envisager le graphisme en particulier, et pourquoi pas l’art appliqué en général, comme un artisanat, comme une valeur traditionnelle.
Le cycle de conférences a filé la métaphore du parcours, qui structurait l’ensemble de l’exposition. Toutes les échelles ont été abordées : le « parcours de vie » du graphiste ; celui de l’élaboration d’un projet de design graphique ; il a pu être question, aussi, du chemin qui relie celui qui propose une image à celui qui la regarde
en passant, ou qui s’arrête devant, qui parfois se l’approprie.
Alex Jordan (Nous Travaillons Ensemble) a multiplié les images
sans disperser le discours. Quand le graphiste sait-il qu’une image fonctionne ? En quel sens le parcours de vie du graphiste est-il une histoire ? En replaçant une large sélection d’images dans le contexte de leur élaboration, Alex Jordan a explicité les enjeux de la création d’une image.
Le graphisme n’est jamais une fin en soi. C’est un moyen. Un moyen d’autant plus puissant que le propos est clair. D’autant plus profond que l’image est forte. Un moyen d’autant plus incisif que l’image,
tout compte fait, est un support simple.
Plutôt qu’à un parcours, l’élaboration d’une création graphique par Jean-Marc Bretegnier (Fabrication Maison) s’apparente à une aventure.
L’émergence d’un signe n’est pas une histoire strictement graphique – sauf à considérer que le graphisme n’est pas une œuvre individuelle, mais toujours collective, sociale.
Pourquoi des ateliers ouverts au public ? Pour des motifs pédagogiques, notamment. Mais aussi pour la raison suivante : pourquoi ne pas impliquer les habitants, si leur quartier doit accueillir une image ? Pourquoi, plus généralement, ne pas contribuer à aiguiser le regard
des citoyens sur leur ville, leur époque, leur identité ?
Poétique plutôt que politique, le graphisme est apparu aux auditeurs comme un chantier au sens propre (si l’on peut dire) : bâches, scotch, ficelles et mains dans le cambouis.
Le travail d’Antoine Denize réconcilie littérature et écran, théorie
et pratique, réflexion et divertissement, création et valorisation, adultes et enfants, virtuel et manuel.
Ludiques et pédagogiques, ses œuvres consistent à explorer les potentiels du multimédia. Les possibilités graphiques et sonores,
bien sûr – mais en définitive, Antoine Denize a davantage insisté sur l’interactivité. L’expérience de l’utilisateur, le maniement concret
de la création ont été placés, lors de cette intervention, au cœur
du sujet.
Qu’il s’agisse d’un CD-Rom, d’une installation ou d’une aventure éditoriale, un projet multimédia ne se contemple pas – il se manipule. L’utilisateur des œuvres est tour à tour investigateur, étudiant, voyageur, lecteur et créateur.
Contrairement aux autres intervenants, Vincent Perrottet a partagé
le cheminement d’un seul et unique projet. Depuis 2005, il prend
en charge avec Anette Lenz la communication du Nouveau Relax, scène conventionnée de Chaumont, qui a pris la place d’un bowling populaire.
Comment le graphiste conjugue-t-il les exigences politiques et budgétaires d’un commanditaire, les objectifs d’un théâtre conventionné, les particularités de l’échelle et de l’identité
d’une ville, le quotidien d’un habitant potentiellement spectateur, l’histoire d’un lieu, à sa propre définition du graphisme, à sa réflexion sur le rôle des images ?
L’intervention a permis d’entrer dans la viande d’un projet de design graphique.
En détournant les codes des journaux et imageries populaires, Vincent Perrottet ne s’est pas contenté d’interpréter la notion de graphisme populaire. Il a mis en pratique, progressivement, une éducation populaire par le graphisme.
Il a affronté la notion riche, potentiellement irritante, de popularité. Il se l’est appropriée jusqu’à mettre en abyme sa réflexion, en appuyant son intervention sur un powerpoint aux transitions délicieusement excentriques.
Malte Martin (agrafmobile) a choisi de présenter, dans un montage alterné, deux catégories d’œuvres. Celles qui sont des réponses à des commandes, et celles qui relèvent de la seule initiative du graphiste.
Un graphiste, deux parcours identifiés, et surtout de nombreux carrefours. Qu’il s’agisse d’une affiche de théâtre dans le métro, ou d’une projection de textes et d’images pour la Nuit Blanche parisienne, Malte Martin a insisté sur la nécessité de ne jamais oublier que le design graphique propose des œuvres située. Le choix du noir et blanc, la valorisation de la citation d’un passant, la finesse du grammage d’un papier n’ont pas de valeur en soi.
On choisit cela parce qu’on doit être visible dans le métro, parce qu’on accompagne la transformation d’un quartier, parce qu’on va considérer que des tracts peuvent papillonner.
Le graphisme est politique en ce sens qu’il est à l’écoute de la vie
de la cité.
Les ateliers passages en images exploitent la capacité spontanée
des enfants à produire des images, afin de les accompagner dans l’élaboration de signes dont ils maîtrisent le sens. Julien Boisseau, Capucine Wauquiez et Canelle Mingo ont accueilli au campus de la fonderie de l’image, en septembre, quatre classes d’école élémentaire et deux groupes du Centre de loisirs de Bagnolet. Cent vingt-cinq enfants (une classe de CE2 ; deux classes de CM1 ; une classe de CM2 ; deux groupes CLSH de CP à CM2).
Les enfants ont travaillés autour de l’affiche, du signe et de la typographie « lettre-image ». Ils ont en outre appris à distinguer,
en les réalisant, différents types d’images : représentation, caricature, pictogramme, symbole… Enfin, l’élaboration des signes a été articulée à la question de l’interprétation des images. Ainsi, l’atelier a commencé par la visite de l’exposition de parcours graphiques et s’est conclu par des échanges autour des signes proposés.
En explicitant aux enfants les objectifs, les procédés et les enjeux d’une création d’images, l’atelier n’était pas un cours de dessin, mais une initiative pédagogique pour aider les enfants à se repérer dans notre monde d’images.
Les productions des enfants ont été présentées parmi les œuvres des designers graphiques jusqu’au terme de l’exposition, afin que tous reviennent avec leurs parents sur le site pour mener, à leur tour,
une visite guidée.
Phase 1 / Exposition
30 min
L’atelier commence par une visite de l’exposition.
Phase 2 / Lettres-images
30 min
Les participants inscrivent leur prénom sur une feuille A4.
À quoi la forme de la lettre fait-elle penser ? Chaque enfant transforme les lettres de son prénom en images, au feutre.
Une fois formées les lettres-images, le prénom est réécrit
à la peinture à partir de ces signes.
Phase 3 / Autoportrait graphique
30 min
Il s’agit de réaliser son autoportrait au feutre. Chaque enfant est invité à réfléchir pour décider explicitement quels éléments de son visage il choisit de représenter.
Réalisation d’un portrait chinois en mots, puis en images.
Association et évolution des signes issus du portrait chinois,
pour transformer l’autoportrait en logo ou pictogramme.
Phase 4 / Partage des images
15 min
Les productions sont regroupées. Bilan de l’atelier par Julien, Capucine et Canelle, puis réactions des participants sur leurs productions, sur la démarche qui les a menés aux signes finaux
et sur leur signification.
GOÛTER 10-15 min
Goûter offert aux participants. Pendant ce temps, photocopie des productions des participants afin qu’ils puissent repartir avec
une trace de leurs parcours graphiques.
Trois catégories d’articles désormais sur passagesenimages.com.
On partagera dans les CARNETS les éléments de gestation des chantiers passages en images.
Les ATELIERS regrouperont les workshops, ateliers et autres parcours proposés par passages en images.
Enfin, il s’agira de rendre compte des images mises en situations dans les ESPACES PUBLICS.